Lorsqu'une équipe découvre un collaborateur numérique, la question prend généralement cette forme : « Peut-on lui faire confiance ? » Elle semble unique. En pratique, la question est différente pour chaque tâche, car le poste d'un collaborateur est un ensemble de tâches, et chacune comporte un type de risque différent.
C'est pourquoi KAgents définit le mode tâche par tâche, et non collaborateur par collaborateur. En mode copilote, le collaborateur prépare le travail et une personne l'approuve. En mode pilote automatique, il mène la tâche à son terme de façon autonome, dans les limites que vous fixez, et confie à une personne tout ce qui sort de ces limites. Un même collaborateur peut faire les deux dans la même journée.
Pourquoi le mode dépend de la tâche
Prenons Clément, notre collaborateur dédié au support client. Répondre à « Où est ma commande ? » consiste à retrouver la commande, lire le statut de livraison et répondre. La réponse est soit juste, soit facile à corriger. Accorder un remboursement au-delà de votre plafond, c'est autre chose : de l'argent sort de l'entreprise, et la décision doit revenir à quelqu'un de votre équipe. Même collaborateur, même helpdesk, des enjeux très différents.
Le schéma se répète dans chaque service. Côté ventes, Estelle peut planifier un rendez-vous lorsqu'une demande de démo entrante répond à vos critères. Un premier e-mail à un nouveau compte cible est une autre affaire : il part au nom de votre entreprise vers quelqu'un qui n'a jamais entendu parler de vous, alors un commercial le relit d'abord. Côté finance, Laure peut envoyer des relances sur les factures en retard, aux intervalles fixés par votre politique. Un lot de paiements attend toujours un approbateur désigné.
Si vous fixez un seul mode pour l'ensemble du collaborateur, vous devez choisir entre deux mauvaises options. Soit tout attend une relecture, y compris le travail que personne n'a besoin de vérifier, soit tout s'exécute seul, y compris le travail qui ne devrait jamais se passer d'une personne.
Quatre questions à se poser pour chaque tâche
Quatre questions font l'essentiel du travail. Aucune ne nécessite de modèle de notation. Elles demandent simplement quelqu'un qui connaît le métier.
- Que se passe-t-il en cas d'erreur, et pouvez-vous revenir en arrière ? Un brouillon peut être modifié. Un e-mail envoyé ne peut pas être rappelé, et un paiement est difficile à récupérer. Plus une action est difficile à annuler, plus elle doit rester longtemps en mode copilote.
- Les règles sont-elles écrites ? Les tâches aux données d'entrée claires et à la politique documentée sont de bonnes candidates au pilote automatique. Celles dont la réponse dépend du jugement, du contexte ou des relations ne le sont pas, du moins pas encore.
- Qui reçoit le résultat ? Une synthèse interne publiée sur votre propre canal reste peu exposée. Un message à un client, à un candidat ou à un nouveau contact parle au nom de votre entreprise. Une conversation chargée émotionnellement nécessite une personne.
- Les cas se ressemblent-ils ? Quand la plupart des cas se ressemblent, la relecture montre vite si le collaborateur les traite bien. Quand chaque cas est différent, la relecture ne devient jamais plus simple, et la tâche a peut-être vocation à rester en mode copilote pour de bon.
Une méthode simple pour faire le tri
Listez chaque tâche que le collaborateur prendrait en charge, une par ligne. En face de chacune, notez les quatre réponses : réversible ou non, règles écrites ou non, destinataire du résultat, routinière ou variable.
Chaque tâche démarre en mode copilote : la cartographie ne décide donc pas du point de départ d'une tâche. Elle montre quelles tâches pourront changer de mode plus tard, et lesquelles ne le pourront jamais. Les tâches réversibles, fondées sur des règles et routinières sont vos premières candidates. Celles qui échouent à deux questions ou plus doivent rester en copilote jusqu'à ce que votre historique de relecture indique le contraire.
Gardez la cartographie à côté des règles du collaborateur. C'est la trace claire des raisons pour lesquelles chaque tâche fonctionne ainsi, et elle abrège la prochaine discussion quand quelqu'un pose la question.
Certains curseurs ne bougent pas
Quelques actions échappent à cet exercice. Dans KAgents, les lots de paiements et les remboursements au-delà de votre plafond nécessitent toujours un approbateur désigné. Ils ne peuvent pas passer en pilote automatique. Il en va de même pour les décisions concernant les personnes. Thibault, le collaborateur RH, évalue les candidatures au regard de vos critères et rédige une note pour chacune, mais c'est une personne qui décide qui passe à l'étape suivante et qui reçoit une offre.
Vous pouvez ajouter vos propres limites fixes par-dessus. Marquez n'importe quelle action comme sensible, par exemple une offre, un avoir ou un e-mail à un nouveau contact. Elle attend alors l'approbation d'une personne désignée, quel que soit le mode dans lequel s'exécute le reste de la tâche.
Déplacer la limite, dans les deux sens
Quand une tâche est prête, basculez cette tâche, et elle seule. Ne faites pas passer un collaborateur entier d'un coup. Le pilote automatique fonctionne toujours dans le cadre de garde-fous : les montants, destinataires, canaux et horaires que vous fixez. Les cas qui sortent de ces règles sont confiés à une personne, avec un résumé de ce qui s'est passé jusque-là. Chaque action est journalisée : vous voyez ce que le collaborateur a lu, ce qu'il a modifié et quelle règle s'est appliquée.
Le curseur peut aussi revenir en arrière. Une nouvelle politique de remboursement, un lancement de produit ou une période de forte activité peuvent faire d'une tâche routinière une tâche qui nécessite de nouveau un second regard. La repasser en mode copilote ne demande pas de projet : vous pouvez changer le mode d'une tâche à tout moment. Considérez-le comme de la maintenance normale, pas comme un échec.
Avec le temps, la cartographie évolue, et c'est bien le but. La décision n'est jamais prise une fois pour toutes pour l'ensemble du collaborateur. Elle se prend tâche par tâche, par les personnes responsables du travail.
Si vous avez un backlog en tête, apportez la liste des tâches lors d'une démo. Nous la passerons en revue avec vous, tâche par tâche, en indiquant où chacune commence et jusqu'où elle pourrait aller ensuite.
Les prénoms et les pictogrammes sont des personas attribués à des agents logiciels. Ils aident votre équipe à savoir qui s'occupe de quoi.